Lupin

Il ne savait pas quoi écrire alors il l’a laissée blanche.
Mort d’une feuille qui n’importait guère à la branche.
Tombée sur la pelouse sèche et ondulée
Des piétinements humains elle était effrayée.

Échappant aux tristes circonvolutions du père,
Cette mer bénie par la main sèche de l’hiver
Traînée visible depuis un ciel lointain
Attendait toujours la venue des lupins.

La foule focalisée sur la prochaine page
N’était plus intéressée par ce pâle ouvrage.
Te voyant tout en bas cernée par une cloison de vent,
Je luttais, me cramponnant aux pierres qui sortaient du rang.

Le patriarche jetait ses écrits avant que le cierge ne fonde
Et ne couvre de cire les plaines verdoyantes de la fin du monde.
Les textes parlaient tous de ces peintres découragés par un tableau lisse
Dont le croquis s’arrêtait à l’orteil sans le tacher d’une esquisse.

Un souffle crasseux de poussière enténèbre tes contours.
Alors, ta terre natale te vomit un peu chaque jour.
Je ne verrai plus rien avant un pacifique où tout est fange.
Les lupins m’ont plongé dans un miroir qui reflète les anges.








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